La peur du négatif, le contrôle de la vie et l’irresponsabilité, 3 obstacles à l’évolution et à la connaissance de soi.

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En nous incarnant, nous abandonnons l’infini. A des fins d’apprentissage, la partie la plus haute de nous-même, notre âme, accepte quelque part d’aller à l’encontre de sa véritable nature en se coupant d-elle-même, elle se réduit pour entrer dans un corps, condition incontournable de l’expérience humaine (le film Avatar retrace parfaitement le mécanisme de notre incarnation). L’âme qui s’incarne passe donc un contrat à double contrainte mêlant oubli de sa véritable nature et apprentissage d’un outil limité (l’avatar que représente notre corps) créant au sein de notre propre structure une sorte de dédoublement, un paradoxe que des milliers de penseurs, de philosophes ont nommé au cours de l’histoire « dualité de la nature humaine ».

Le corps qui nous est prêter lors de notre séjour sur la terre est crée pour répondre parfaitement au limitation des trois dimensions de notre plan d’existence. La matière dont nous avons besoin pour notre apprentissage terrestre est lourde, lente, laborieuse, perfectible, tout  l’oppose dans ses perceptions aux capacités de notre esprit agile et libre comme l’air, et nous souffrons fortement de cette cohabitation corps/esprit, car nous possédons tous les caractéristiques de l’éternité, nous abritons tous en nous la capacité des dieu qui est l’imagination. Notre imaginaire  qui manifeste  notre origine divine est justement la cause majeur de nos angoisses terrestres.

Sans se définir particulièrement comme un hypersensible, sans avoir spécialement eu l’expérience douloureuse du jumeau perdu ou de tout autre traumatisme de naissance ou de vie, tout être humain porte en lui le fardeau du paradoxe des conditions de son incarnation, de cette opposition entre ses capacités et la réalité de ses possibilités terrestres sommes toutes bien limitées. Le début de son existence est celle du deuil, le stade de l’enfance passé, l’humain comprend  que le dieu à la vie grandiose qu’il avait senti en lui devra fournir beaucoup d’efforts et d’énergie pour faire coïncider son imaginaire à la réalité. De part ce deuil inhérent à notre nature, nous portons tous l’angoisse de notre incarnation, l’angoisse du devoir faire seul et coupé de la source. Le premier réflexe de l’incarné est donc la peur de l’inconnu, l’angoisse enfantine de ne pas être à la hauteur, de ne pas arriver à donner vie à ses rêves et ses projets tel un dieu exilé de son pays loin du soutien des siens.

L’angoisse, la peur de ce qu’est réellement l’incarnation est une émotion très vive engrammée en chacun de nous, transmise de génération en génération depuis l’apparition des premiers hommes, elle fait partie du plus lourd héritage génétique qu’il nous est demandé de dépasser si nous souhaitons nous engager sur un chemin de libération et de guérison de nos lignées.  En occident et dans de nombreuses métropoles, le choix de la disparition du sacré des premières civilisations et l’avènement du matérialisme  érigé au rang de véritable religion n’a fait qu’accroître ce phénomène dommageable. Aujourd’hui tout être humain conscient ou non porte en lui et nourrit la plupart du temps cette peur de la vie, cette coupure à son propre corps, ce grand étranger qu’il s’efforce de maîtriser de même que tous les domaines de sa vie pour ne pas ressentir son immense impuissance.

Toutes les structures  de nos sociétés manifestent cette grande angoisse de la vie et nous y emprisonnent. Tout dans notre organisation de la vie a été pensé pour nous éviter de ressentir qui nous sommes,et éviter de nous apprendre en dépendant de nombreux intermédiaires extérieurs régissant nos vies telles des robots (matrix et de nombreux films). Grand cercle vicieux flagrant au niveau de la société (tous les pouvoirs en place nous éloigne de nos propres ressources : politique, justice, médicale, etc). Sans prise de conscience réel de qui nous sommes, nous reproduisons le programme de limitation mis en place par nos sociétés et qui ne visent en réalité qu’à nous protéger de notre blessure d’incarnation. Seulement, ce n’est pas en l’anesthésiant et en la masquant que nous ne la portons plus et surtout qu’elle ne continue pas à agir en nous à notre insu. L’humain a cette capacité incroyable à fuir la cause de ses problèmes, à les entretenir et  mieux encore à créer des problèmes qui n’en sont pas, des impasses, à utiliser sa pensée non pour créer mais pour se limiter en permanence, pour choisir des expériences de limitation, apprendre par la souffrance. Penser la blessure de l’incarnation comme un problème c’est s’infliger une sanction à vie et rater,  à mon sens, la cible de notre venue sur cette planète.

Les blessures que nous portons ne devraient jamais être considérées comme des problèmes, en faire un simple constat suffit tout au plus. Notre ego, cette part de nous même qui s’identifie exclusivement à la matière et s’y oppose paradoxalement,  se nourrit exclusivement des obstacles, des problèmes. Les sociétés ont construit leur fondement sur les bases de l’ego humain, donc rien dans nos sociétés ne peut nous aider à réinsuffler la vie en nous et à la reconcientiser. Car à force de fausses croyances, d’intermédiaires destinés à nous ôter en permanence notre pouvoir, notre énergie de vie finit par se tarir. Nous n’habitons presque plus notre véhicule si ce n’est uniquement dans la partie du corps qui nous sert le plus à savoir notre cerveau. L’humain moderne est une entité mentale, surtout dans les grandes villes qui n’a plus conscience de son schéma corporel, et accède avec difficulté à son monde intérieur, ses besoins, ses envies, ses rêves. L’humain moderne est effrayé par son propre magnétisme, cette énergie de vie qui coule en flot en lui  car personne ne lui a enseigné et la peur le bloque souvent irrémédiablement dans son apprentissage.

Combien d’entre nous arrive à se regarder dans un miroir  en tout sérénité, c’est à dire sans se trouver moche ou juste étranger à lui-même ? Combien ose chanter sans s’étonner de leur voix, ou s’en effrayer ?  Bouger son corps sans jugement porté sur lui-même, danser sans consigne juste par plaisir d’être vivant ? De part mon expérience de professeur de salsa (j’ai exercé pendant sept ans en cours collectifs puis en cours particuliers), j’ai pu faire le constat catastrophique du déconnexion globale de tous les danseurs d’avec leur ressenti corporel et du mien inclus. Cette expérience professionnelle a été déterminante dans ma prise de conscience de mes espaces de déconnexion. Je dansais avec mon cerveau, je ne sentais absolument pas mon bras gauche (partie féminine), il m’était donc très difficile de donner des cours de styling (mouvement féminin gracieux en salsa destinés à orner la danse et à exprimer sa personnalité). J’ai très vite compris que pour « bien danser », c’est à dire non plus pour donner à voir quelque chose de joli  qui n’intéresse que les robots mais plutôt pour  sentir tout mon corps de l’intérieur, je devrais cesser de penser la danse comme une science, mais comme un art de la vie. Les élèves que je recevais respiraient mal et leur niveau de stress était tel que je leur faisais parfois faire des exercices de relaxation avant d’entamer le cours. Un humain coupé de lui-même n’a par définition pas conscience de l’être, l’ego prédominant, certains défendent même leur état souffrant comme un pouvoir personnel auquel il n’est rien à répondre. On reconnait bien là le mal que nous fait l’ego.

La peur de la vie nous amène à tout maîtriser. Comme nous ne sentons pas notre corps, et notre monde intérieur, nous cherchons à nous sécuriser via l’extérieur en contrôlant nos relations, notre travail, nos loisirs, nos conjoints, nos enfants. Nous nous  gonflons d’idées sur nous-même, nous nous parons du costume du mental pour cacher une nuditité qui nous paraît si honteuse. Nous exprimons nos avis à tort et à travers comme si notre vie en dépendait, nous nous opposons aux autres, nous nous défendons ce qui nous donne l’apparence d’une identité fondée sur du vide car nous nous enfonçons jusqu’à jour dans une impasse de nous-même. Les humains uniquement habités par leur mental ont peur du noir comme les enfants des monstres. Leur impuissance imaginaires leur fait croire aux grands mages noires qui leur veulent du mal, aux accidents, au destin qui leur tombe sur la tête. L’ombre, la négativité, le diable les effrayent et ils les combattent, c’est une histoire d’honneur, leur identité est en jeu. Nos sociétés s’illustrent vraiment par une grande irresponsabilité générale. Le degré d’irresponsabilité d’une personne se mesure à sa capacité à argumenter toutes les choses, à se contraindre à des obligations de toute sorte, à se victimiser en se nourrissant de l’attention et du soutien des autres, autant dire que ce portrait correspond malheureusement à la majorité des humains à l’heure actuelle et crée les conflits de générations parents/enfants.

Aujourd’hui, une évolution des consciences nous permet d’élever notre regard et de percevoir une reliance en tout chose. L’ombre n’est plus perçue comme un ennemi de la lumière mais comme une part d’elle-même non encore manifestée. L’ombre et la lumière sont les deux faces d’une même pièce, fondement de toute polarité inhérente à la constitution humaine tels la mort et la vie, le jour et la nuit, le yang et le yin, le masculin et le féminin, deux forces qui nous habitent. détruire l’une revient à s’attaquer de l’intérieur. En rejetant le négatif nous nous auto-détruisons. Plus notre part d’ombre est conscientisée et acceptée, plus nous relâchons le fardeau de vies d’angoisse de nos lignées.

Il est très difficile pour beaucoup de personnes encore de parler de leurs propres limites sans les juger, sans y voir des défauts ou des travers à combattre. Il est également très difficile de parler aux autres de ses propres espaces de déconnexion pour les mettre à distance et instaurer une conversation vraie entre deux êtres conscients de leur chemin car la plupart des personnes refusent d’être vraie avec elle-mêmes et des rapports de force très désagréables s’instaurent J’ai souvent beaucoup souffert de ce manque de vérité dans les rencontres, de cette fausseté lancée aux autres par méconnaissance de soi.  J’en ai souvent souffert par mon manque d’ancrage, ainsi j’ai souvent ressenti du rejet dans les paroles d’autrui qui ne parlait que de leur propre mal. Car la plupart du temps les autres nous projettent leur propres faiblesse et inadaptations. Si je prends mon exemple, j’ai toujours eu beaucoup de facilité à parler de mes propres zones d’ombres et je me suis presque toujours heurtée chez mon interlocuteur (pas nécessairement professionnel où il faut mentir par dessus tout ) à un effet de rejet, une peur, un jugement, une leçon ou une sanction culpabilisante  bien éloignée de ma façon de me percevoir  et de fonctionner du genre  » tu parles trop de tes défauts, tu devrais apprendre à te mettre en valeur ». et qui met fin instantanément à tout rapport vrai. Etre vrai avec soi, avoir choisi un chemin de vérité est souvent une situation des plus inconfortable au niveau social, avec des dégâts personnelles à la clé si l’on ne travaille pas suffisamment la force qui nous habite. Certaines personnes totalement coupées d’elles-même ont un potentiel de dégâts sur autrui non négligeables et sont capables de véritables exorcismes et  démonstrations de violence. L’ego prend parfois l’ampleur du démon.

Enfin malgré cette évolution générale des conscience comprenant que rien ne s’oppose et que toutes les parts de nous même ont besoin d’être acceptées, nous connaissons des hauts et des bas, nous avons tous besoin d’une discipline pour ne pas repartir dans les travers du mental inférieur. Mental oui, mais au service de notre éveil. Rejeter le négatif et plus encore utiliser le mot « négatif » c’est toujours entretenir ce besoin de limitation de notre ego.  Rien n’est négatif dans notre existence, qu’il s’agissent d’accidents, de maladie et même de deuils, tout événement s’inscrit dans une logique d’apprentissage qu’il nous convient de décrypter. Les victimes n’évolueront jamais et recommenceront leur incarnation à l’infini jusqu’à comprendre qu’elles ne peuvent pas s’amputer et que tout destin d’une âme est la libération.

Plus nous donnons du sens à notre vie, plus nous trouvons notre place, mieux , plus nous prenons notre place. L’incarnation a pour unique objectif de nous apprendre et de manifester qui nous avons appris que nous sommes. Travaillons le détachement, mieux détachons nous également du détachement.

Rien n’est positif, rien n’est négatif, tout est.

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