Le grand défi des hypersensibles

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Naître hypersensible dans notre monde c’est être impacté au quotidien par sa violence, son incohérence,  le masochisme inconscient des humains, des êtres vulnérables effrayés par leur propre corps et par la vie, prisonnier de programmes mentaux et infantilisés, dépendants des pouvoirs extérieurs. Naître hypersensible dans notre monde,  c’est vivre chaque jour avec une conscience et une sensibilité extrême des incohérences de la société, des paradoxes ou de ce que je nomme plus personnellement les « zones de déconnexion » des autres mais également de sentir ses propres incohérences, donc d’être doté d’un double regard sur soi.

Un hypersensible est un être à la fois doté d’empathie proche de la médiumnité  ressentant dans son corps les blocages des autres en lien avec les siens. L’hypersensible est un être de reliance et de sens qui fait des liens entre les êtres et les choses. Il rassemble là ou les autres désunissent..Apprendre à classer les informations reçues, à départager ce grand flou est un défi permanent pour une structure comme la sienne où l’intérieur et l’extérieur se mêlent et son identité lui échappe continuellement. Mais toujours à l’image des autres qui ne savent pas non plus qui ils sont, lui est doté d’une plus grande conscience.

Un hypersensible est une antenne qui a souvent développé cette sensibilité des vies précédentes (existences de thérapeutes, de guides, conseillers des autres,  divers sorciers, herboriste, clergé), et qui revient avec un acquis des plus inconfortables (il doit refaire tout le chemin pour retrouver sa boussole intérieure). Sa sensibilité est également tournée sur lui, puisqu’il sent parfaitement les charges qu’il portent. Douleurs du corps, épuisement, conscience aiguisée, son perfectionnisme implique souvent de focaliser son regard sur les points d’amélioration à apporter, car l’hypersensible est celui qui veut la justice, la paix et la guérison du monde. Il est l’Ermite du tarot de Marseille qui cherche toujours des solutions aux problèmes des autres, des remèdes aux maladies.  Autant dire que dans une société malade et focalisée sur ses problèmes comme un pouvoir personnel (ego), l’hypersensible  né guérisseur,  souffre. Presque toujours atteint du syndrome du sauveur, rôle duquel il n’aura pas le choix d’ apprendre très vite à se départir , pour travailler à recharger ses batteries, convertir son empathie en compassion, se couper des autres pour développer son propre ancrage comme tous les autres humains dont il partage les caractéristiques, à défaut de quoi sa santé sera en péril permanent et sans énergie, il ne pourra jamais réaliser ce qu’il est venu faire sur terre voyant le train de la vie défiler sous ses yeux sans jamais pouvoir le prendre. Le cadeau de l’hypersensibilité nécessite d’être dompté, on peut encore faire un rapprochement avec la carte de la force du tarot, où nous voyons le personnage prend soin et maîtriser son lion intérieur (symbole du feu).

Un hypersensible peut souffrir très longtemps avant d’arriver à comprendre que ce qu’il croit être une mission à l’égard des autres relève tout simplement d’une fuite de son propre problème d’ancrage, et cette fuite est partagée par l’ensemble des êtres humains. Je connais de nombreux hypersensibles qui ne démordent pas d’avoir une mission d’éveil vis-à-vis des autres. Il faut savoir que tant que l’on projette son regard à l’extérieur, on ne travaille pas pour soi, on démissionne. Une existence, plusieurs dizaine d’existences voir parfois beaucoup beaucoup plus de vies passées à confondre les autres et soi-même n’est pas sans conséquence sur l’évolution de l’âme.

Nos sociétés ont toutes un fondement égotique, cet ego qui  coupe radicalement tout humain de sa dimension sacrée. C’est l’égo qui fait croire à chacun  qu’il n’est rien d’autre que sa lignée, sa profession, sa religion ou toute autre catégorie dans la quelle il aime s’enfermer et se restreindre. C’est encore l’ego qui fait croire aux personnes dotées d’une conscience plus aiguisées qu’elles n’ont plus rien à régler, et qu’ainsi elles peuvent se tourner vers l’aide des autres comme sil était question de s’opposer aux restes du monde, l’ego pense l’être  humain en le séparant des autres, en l’isolant, en y mettant un pouvoir.

Dans nos sociétés, l’altruisme est un moyen encore plus perfectionné que les autres moyens que l’ego a trouvé pour fuir ses responsabilités. Je connais personnellement beaucoup d’hypersensibles enfermées dans cette éternelle problématique. En effet, nombreux d’entre eux choisissent eux aussi optent pour des expériences de limitation au risque de se retrouver coincés dans des impasses d’évolution comme c’est le cas pour tous. Les hypersensibles ne sont certainement pas des êtres qui ont atteint l’éveil, ce sont seulement des individus plus conscients que les autres de leur stade d’évolution et du chemin qu’il leur reste à parcourir. Les hypersensibles doivent travailler leurs failles égotiques comme la plupart des humains car une déficience de d’ego (dont ils sont majoritairement afflublés) équivaut à une hypertrophie de l’ego.

L’ego classe les choses et plus encore les oppose. L’ego met du pouvoir dans tout ce sur quoi il porte son regard. Et l’hypersensible qui n’a pas travaillé suffisamment sur son ego, fera de l’aide aux autres un outil de sa propre démission, manifestant une forme de supériorité qu’aucun n’aura jamais la bonne foi d’admettre. Aider les autres pour ne pas avoir à se préoccuper de ses problématiques, mais quels sont les hypersensibles capables de regarder cette part d’elle-même qui à choisi cela ?

Peu d’humains de nos jours, possèdent cette bonne foi de reconnaître leur failles, même les hypersensibles spécialisés dans l’observation des problèmes car tous possèdent un ego trop invasifs. Tous éduqués et programmées à donner la meilleure image de nous-même, il est rare que nous acceptions facilement de reconnaître en nous ce qui relève du conflit interne, d’accepter de remettre en question la petite histoire personnelle que nous nous racontons tous les jours sur nous-même. Même un hypersensible possède une histoire de lui-même dont il se sert chaque jour pour se définir, se présenter aux autres. Tant que nous cherchons à nous définir, à nous restreindre dans le jeu des relations aux autres, nous ne serons pas capables d’accéder à qui nous sommes.

Tous, nous donnons des excuses pour ne pas agir et solutionner nos problèmes, c’est le cas de nombreux thérapeutes hypersensibles éponges des autres. Ils ont toujours une bonne excuse pour ne pas s’occuper de leur souffrance. Le syndrome du sauveur, ce rôle de l’ego fait des ravages dans l’évolution personnel de chacun.

Tout ce que nous donnons à voir aux autres est sous contrôle même pour les plus sensibles et discrets d’entre nous, il n’est pas toujours aisé de lâcher ce que nous pensons être nos repères mais qui nous emprisonnent. La plupart des humains pour ne pas dire son intégralité a développé une angoisse de la connaissance de lui-même, c’est à dire de son reflet.  Se regarder, se voir en face est douloureux. Il nous est tous très difficile de nous observer dans un miroir, nous ne connaissons pas réellement notre visage (la nausée de Sartre), nous méconnaissons et n’aimons pas le timbre de notre propre voix, chanter est bien souvent au dessus de nos forces, de même que mouvoir notre corps. Nous avons grandi en restreignant toutes nos capacités, en emprisonnant notre énergie de vie dans un corps qui sert de prison.

Un hypersensible qui décide de reprendre son pouvoir, doit être capable d’affronter son reflet, de commencer à se regarder tel qu’il est, commencer à percevoir ses propres mécanismes de mauvaises foi en apprenant à ne pas en souffrir,  à ne pas se juger, juste à les observer. La phase la plus délicate pour chacun  est d’accepter de seulement regarder sa structure, de s’en désolidariser comme on enlève une vieille peau.  Les couches de croyances et de jugements pesants sur nous et qui ont restreint notre évolution ne sont pas de notre propre dues, donc nous n’en sommes pas responsables. Il s’agit d’un mécanisme de limitation prévu à une fin pédagogique lors de notre incarnation. Nous avons tous signés pour jouer ce grand jeu de l ‘égarement de soi, pour revenir au centre de qui nous sommes vraiment (sujet de mon futur livre « At Home »). C’est en partant dans le sens opposé de notre fonctionnement originel, de nos désirs et de nos besoins méconnus que nous apprenons à les connaître et à revenir dans la bonne direction. Nos  incarnations nous servent à nous apprendre par le jeu des opposés, tel un élastique que nous tendons au maximum avant de le relâcher brusquement, la force avec laquelle il revient à  son point de départ est équivalente, et notre force de vie suit ce mécanisme. On en déduit que comparer, juger des expériences est inutile, et que toute expérience (d’expansion ou de limitation) se vaut puisque c’est le jeu de leur confrontation qui permet l’évolution d’un être.

Un hypersensibilité heureux ne s’accroche à rien d’extérieur, il comprend que tout part de son centre, il apprend ainsi à se couper des influences pour ressentir vraiment ce qui l’anime et le constitue (désirs, envies, besoins), et il apprend surtout à développer l’altruisme tourné vers lui sans projeter une quelconque supériorité sur les autres (aider quelqu’un révèle bien souvent une prise de pouvoir sur une autre personne jugée plus faible et incapables de s’en sortir seule). Un hypersensible passera au cours de sa vie par plusieurs étapes de grand repli sur soi, de vie à l’écart des autres qu’il faut absolument encourager pour lui permettre de réinitialiser son système. De même que les mots, les conversations, son lien aux autres sera fortement chamboulés. Je me souviens avoir traversé plusieurs fois cette étape peu confortable qui avait commencé par ce que j’appelle une « crise d’empathie à l’envers », très désagréable à vivre mais salutaire, le retour à un juste équilibre après une grande perte d’énergie passée à m’astreindre à écouter les autres,  je ne supportais plus la moindre conversation de type « déversoir » commençant par « je », tel un récipient trop plein et presque jusqu’à la nausée, je n’étais plus capable de recevoir  l’autre . Il m’était devenu très compliqué de parler aux autres sans ressentir l’inutilité des dialogues (chacun ne se parlant qu’a lui-même à travers les autres). Cette période me fut nécessaire pour retrouver la justesse de mon silence intérieur et mettre des limites lorsque je sentais avoir affaire à du vampirisme énergétique. Notre mental aime opposer les choses, les classer, définir des « gentils » et des « méchants », des « hypersensibles » et des « Pervers narcissiques », mais toute personne est susceptible d’être un vampire énergétique pour les autres dès l’instant où elle perd la conscience de son centre. Tout être non ancré va naturellement aller pomper sans conscience l’attention et l’énergie des autres, hypersensibles inclus. Un hypersensible n’est pas tellement différent d’un non-hypersensible, par contre, etant donné d’une conscience élargie, il peut se rendre compte plus facilement de ses mécanismes de vampirismes sur les autres.

Aider les autres pour éviter de s’aider soi est une impasse. La souffrance, l’épuisement qui ressortira de ce sacrifice et accablera le thérapeute ou toute autres personnes décentrées sera tels qu’elles rectifiront très vite le tir . Aider pour se servir de l’autre comme reflet de soi, libérer ses propres traumas, accepter de regarder ses blessures pour les libérer au contact des autres sans tomber dans la fusion de l’autre et perdre son individualité est un tout autre positionnement. L’autre devient un intermédiaire, un miroir de nous-même et non un moyen de fuite. Rester soi au contact des autres. La différence avec le fonctionnement égotique de l’aide de l’autre comme fuite de soi tient du choix de sa responsabilité. Tout être humain peut décider d’être créateur de son monde plutôt que victime.

Pour conclure et parce que cet article est déjà très long, je m’adresse aux hypersensibles.  Rien ne sert de vous flageller (ego) de votre rôle de sauveur. Tout hypersensible passe par ce stade, il s’agit presque d’un passage « obligé » pour retrouver le juste et sain chemin de notre ancrage. Certains ne feront que traverser cette étape, d’autres y resteront bloqué un  certain temps avant de se remettre en mouvement. Aider les autres n’est presque jamais utile sans l’assurance de rester focaliser sur qui nous sommes. Les avis des autres, les influences du monde n’ont plus de prise sur nous dès l’instant où nous cessons de les faire passer avant nous. Hypersensible, plutôt que de nous considérer comme des être fragiles qu’il faut protéger de tout, plutôt que de nous opposer et combattre ce que nous décrétons dangereux (cercle vicieux), plutôt que de perdre notre énergie en donnant notre pouvoir aux autres, travaillons notre centre, apprenons à irradier notre monde à l’extérieur dans le positif. Rien de négatif n’advient que nous n’ayons inconsciemment voulu. Centrons l’ensemble de nos efforts dans la manifestation de qui nous sommes sans attente des autres, ayons confiance en nos capacités et en nos désirs pour les matérialiser. Et rappelons nous toujours que si un habitat, une maison (symbole de notre corps) est chargée énergétiquement, la meilleure façon de la nettoyer est moins de faire des dizaines de protocole de nettoyage pour faire partir le « mal » (mental) que de réinssufler de la vie dans ce lieu, d’émaner de la joie, du bonheur et de réellement l’habiter de qui nous sommes (décoration, appropriation des lieux, travaux).

Habitons notre corps pour y faire descendre tout notre amour.

Namasté.

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